“Il suffira d'oublier” : une chanson comme un extrait de film

Se relever des épreuves, c'est souvent plus facile à dire qu'à faire. Le titre de ma chanson “Il suffira d'oublier” en est presque ironique.

Mais sous mon chagrin, il y avait beaucoup de colère. Casser des liens et en même temps déchirer toute une partie de son vécu n'est pas sans raison.

L'histoire réclamait justice, et cette réclamation étendait l'histoire au delà de la porte que j'aurais voulu tout de suite refermer. Cette réclamation était un combat, même si la justice était évidente.

Je n'arrivais pas bien à me projeter dans l'avenir, l'avenir se résumait d'abord au simple fait d'achever la bataille et de pouvoir continuer le chemin en paix.

Alors, j'avais en tête l'image que mon imagination peignait.

“Je voyais une prairie d'herbes rases, jonchée de morceaux d'armures éparses. Le clan avait éliminé l'ennemi. Elle était blessée mais debout, une lourde épée à la main, et ça et là les combattants, dont aucun ne manquait, étaient courbés au sol, harassés. Un lent filet de brume invisible transportait la tristesse et la désolation. Elle regardait l'horizon, où le soleil descendait lentement comme pour montrer la direction à suivre pour garder de la lumière. Elle balaya la prairie du regard. L'herbe humide était lacérée de cicatrices, entre lesquelles se voyait encore la fraîcheur de la terre éventrée sous la lutte. Elle nota des cassures dans les branches des arbres autour, encore dénudés de l'hiver à peine écoulé, et les pointes vertes des bourgeons naissant. Elle ramassa son bouclier, et dit simplement : “On y va". Tous vinrent se placer derrière elle tandis qu'elle commençait à marcher vers les collines où s'ouvrait un chemin.”

J’avais écrit la chanson comme une bande son pour cette scène. J'avais travaillé avec les moyens dont je disposais, et sans doute je n’avais pas trop osé aller loin. Quelques sons percussifs ont entouré celui de ma guitare électroacoustique pour créer une atmosphère légèrement cinématique.

C’était un peu comme un premier pas, ou une esquisse. J’ai dessiné la pochette dans le même esprit : dans les grandes lignes, pour un résultat minimaliste mais d’une intention intense.

 

Stream : https://ffm.to/il-suffira-d-oublier

IL SUFFIRA D’OUBLIER

L’herbe repoussera par endroits
Et la nature reprendra ses droits,
Ce qu’il reste du champ de bataille
N’appartiendra qu’au temps

Il y a des jours meilleurs
Et d’autres lieux bien mieux,
Ici, là, ou ailleurs

Il suffira d’oublier
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de prendre un chemin sûr

Les larmes sècheront sous le vent
Et les yeux verront mieux qu’avant,
Rien n’a changé dans l’âme, et au coeur
Brûle encore une flamme

Et un désir, d’ailleurs,
De guérir pour faire mieux,
Ici, là, ou ailleurs

Il suffira d’oublier
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de prendre un chemin sûr

Il suffira d’oublier
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de poursuivre l’aventure

Et soleil et pluies et glaces
Ajouteront leurs teintes
Et chaque pas, chaque empreinte,
Recouvrira les traces

Il suffira d’oublier
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de prendre un chemin sûr,

Il suffira d’oublier
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de poursuivre l’aventure

Il suffira d’oublier…
La douleur des blessures,
De ramasser son bouclier
Et de poursuivre l’aventure

Il suffira d’oublier…